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    La plupart des informations utilisées dans ce site sont tirées du livre Histoire de Saint-Saturnin lès Avignon, paru en 1970,écrit par
     Jean Mounition

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En rangs deux par deux!

LA VIE DE L'ÉCOLE EN 1910

Voici une semaine d'école chez les sœurs à Saint-Saturnin vers 1910, d'après un témoignage recueilli auprès de Mme Paulette GAMBIN, née en 1906.

En 1910, il existe deux écoles libres congréganistes : l'école des filles et celle des garçons. De 3 ou 4 ans à 6 ans et demi, tous les enfants sont réunis dans la salle "d'asile" ou classe maternelle, l'actuelle maternelle de l'école St-Joseph.

Mademoiselle FLANDIN s'occupe de ces tout petits et leur apprend déjà les voyelles. A l'âge de 6 ans et demi, on sépare les garçons et les filles, étant donné que la mixité n'est pas tolérée s'il existe dans la commune une école de filles et une école de garçons. Les filles vont au premier étage, et les garçons vont à l'école qui se situe en face de la mairie.

La classe de filles, dirigée par Mademoiselle SARTRE sœur Saint-COLOMBAN compte environ 30 élèves, âgées de 6 ans et demi à 12 ans, âge de passage du certificat d'études. L'école des garçons est dirigée par son frère, M. SARTRE, jusqu'en 1914. Dans la classe, les plus âgées sont placées à gauche, et à droite les plus jeunes.

Ces deux grands groupes de 15 élèves sont divisés chacun en sections : 5 par section. Chacune de ces sections a ses propres devoirs, ses propres exercices.

Les horaires sont 8h-llh et 13h-16h ; mais en été, ils diffèrent un peu : 8h-llh et 13h.30-16h.30. Les jours de repos : le jeudi et le dimanche.

Les grandes vacances vont du premier août au premier octobre ; il y a quelques jours de congé pour Noël et Pâques. Les grandes vacances permettent aux parents d'avoir de l'aide pour la période des vendanges.

Voyons l'emploi du temps de la classe de Mademoiselle SARTRE.

A 8 h, les élèves montent dans la salle de classe, posent leur cartable. Puis ils font un signe de croix, et disent une prière : "mon Dieu, bénissez la journée", suivie d'un cantique.

Ensuite, les élèves, réunies en demi-cercle autour du bureau, sont interrogées ; cela s'appelle le "récit". Les questions portent sur l'histoire, la géographie, le français, les mathématiques et l'histoire sainte que Mme GAMBIN et quelques élèves aimaient bien et considéraient comme "une récréation". En 1911, seront enseignées les sciences, les cours de gymnastique seront assurés par Mr Raoul MOUNITION.

La matinée se passe en "récit", cours d'arithmétique et de mathématiques avec des problèmes au tableau. A l0h.00, les élèves ont une petite récréation. A 11h.00, les élèves quittent la classe après la prière (l'Angélus), la plupart des enfants mangent dans la cour de récréation. La personne chargée de faire réchauffer leur gamelle, fait aussi la cuisine aux religieuses.

A 13 h 00, les élèves se réunissent à nouveau dans la salle de classe. Ils commencent par un chapelet.

Débute alors la "fameuse" dictée, "bête noire " de beaucoup d'élèves. Elle est assez longue et suivie d'une correction quelque peu particulière. Elle se fait, avec la collaboration de l'institutrice, par une élève qui épelle les mots, la "demoiselle", comme l'appelle Mme GAMBIN, reprend les erreurs en les épelant de nouveau correctement. Le texte est relu une dernière fois pour vérifier si aucune faute ne subsiste.

Le mardi, la dictée dure moins longtemps, car il y a l'épreuve de composition française, d'une heure. Après la récréation de 15 heures, sont enseignées l'histoire ou la géographie.

Le samedi après-midi est consacré, pour les filles, au canevas et à la couture.

A 16 heures est dite la prière du soir, dont le texte est resté gravé dans les mémoires.

"Bonsoir, Bonne Mère, Bonsoir Bonsoir, Bonne Mère, Bonsoir
De tes enfants garde la prière du soir Bonne Mère, Bonsoir Bonne Mère
Au revoir Bonsoir Mademoiselle".

Après les cours de la journée, les enfants ont la possibilité de rester en étude. On y voit les enfants préparant le certificat d'étude, ou ceux ayant des difficultés scolaires. Les sorties et les activités des élèves sont peu nombreuses. Les jeux dans la cour de récréation sont la balle et le jeu de croquet. Une fois par semaine, le jeudi, les élèves vont rendre visite aux autres écoles chrétiennes, surtout à celle de Morières, qui se situait à côté du chemin de fer.

Après la messe, suit une petite fête avec des chants exécutés par la chorale, chorale où l'on est accepté après 15 ans. Cette journée se termine par les vêpres.

Une fois par an est organisée une promenade dans la colline pour cueillir des genêts pour la fête-Dieu ; cette sortie se déroule un dimanche. A la mi-mars Saint-Joseph est solennellement honoré par l'école et la paroisse.

Les distractions consistent à jouer des pièces de théâtre pour Pâques, et la fête de fin d'année. Pour Noël les anciens élèves et les adultes jouent la Pastorale. La troupe se déplace même dans les villages environnants. A St-Saturnin les représentations avaient lieu dans la remise de Mr Célestin BOURGET, maison située en bas à gauche de la montée de la Draille.

A partir des années 20, les spectacles se dérouleront dans " la salle des œuvres ".

Avec l'expansion de l'école, cette salle des œuvres, comme elle était appelée, deviendra une salle de cours. Ces représentations théâtrales se jouaient aussi sous le préau.

Chaque élève a aussi certaines obligations à effectuer pour l'école : à tour de rôle, il faut allumer le feu. Le bois était fourni par l'usine de Gromelle. Une fois par quinzaine, une élève doit nettoyer les encriers et les remplir, en essayant de ne pas se salir les doigts !

Il y a aussi la corvée de balayage le mercredi et le samedi pour les plus de 8 ans.

Ce travail ménager doit être bien fait ; il s'effectue sous la surveillance sévère d'une maîtresse.

Le port de la blouse noire est obligatoire, été comme hiver. Parmi les punitions souvent inoubliables, la plus courante est la copie de lignes : "je ne dois pas parler en classe", et la conjugaison d'un verbe. Être placée au coin avec le bonnet d'âne est perçu comme une "grande punition", comme être privée de récréation : elle est appliquée lorsque les élèves n'assistent pas à la messe, manquent à la politesse, poussent quelqu'un dans la cour, jettent la balle sur la route...

Cette sévérité ressort souvent des divers témoignages des élèves de l'époque.

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